Note
Circulaires numériques de l'État : le temps du code est venu
L'État a tranché.
L’État a tranché. Les circulaires sur la visioconférence, les achats numériques et la stratégie de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) sont désormais publiées. Le débat est clos, l’arbitrage est rendu. Chez LINAGORA , nous l’accueillons avec pragmatisme et détermination.
Ce que nous retenons
Trois signaux forts se dégagent.
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Premièrement, le cœur stratégique est sanctuarisé. Messagerie instantannée, visioconférence, échanges de documents : ces briques sont régaliennes, opérées en interne par l’État, en open source. C’est une décision cohérente avec l’exigence de résilience numérique. Nous la respectons.
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Deuxièmement, la doctrine d’achat est désormais opposable. Ce ne sont plus des discours de ministres, ce sont des circulaires. La souveraineté est inscrite comme critère de sélection des solutions. Pour la filière du numérique de confiance, c’est un tournant structurant.
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Troisièmement, la filière attend des actes. Comme l’a formulé très justement Alain Garnier dans sa dernière vidéo hebdo, nous sommes passés d’un enjeu idéologique à un enjeu d’exécution. Le rendez-vous du 27 mars organisé par Numeum, le Comité Stratégique de Filière Logiciels et Solutions Numériques de Confiance , la Direction Générale des Entreprises et la Direction interministérielle du numérique (DINUM) autour du digital workplace en sera la première traduction concrète.
Notre position : contributeurs, pas spectateurs
LINAGORA n’a pas attendu ces circulaires pour agir. Nous avons pris le parti de contribuer activement, et en responsabilité, à l’écosystème de LaSuite numérique de l’État il y a plus d’un an. Pas aveuglément et dans une logique de communs c’est-à-dire là où on pense qu’il y a de la complémentarité. Ainsi, nous avons intégré (et contribué) à Visio, Docs et Grist qui sont d’excellents compléments au coeur de Twake.ai qui vise à fournir une alternative industrielle à Office 365 qui rappelons le n’est pas le coeur de la stratégie de LaSuite. Beaucoup de cas d’usage, pourtant centraux pour l’activité quotidienne des agents, ne sont pas visés à date par LaSuite. L’exemple de la brique Fichiers en est, selon moi, un parfait exemple. Et c’est pour cela que je parle de complémentarité. Pour être encore plus clair, LINAGORA n’a pas vocation à écrire ou récrire un composant comme Grist… Twake.ai, notre suite collaborative souveraine, a été conçue dès l’origine pour s’intégrer dans des environnements régaliens exigeants et pour être nativement interopérables avec d’autres briques Open Source comme les composants de LaSuite.
Apache James, le serveur de messagerie déjà au cœur de plusieurs messageries sensibles dans le domaine de la santé par exemple, intègre des contributions majeures de nos équipes depuis des années. LINAGORA est l’un des premiers contributeurs mondiaux à ce projet de la fondation Apache. Ce ne sont pas des intentions : ce sont des commits, des revues de code, de l’architecture logicielle versée dans le bien commun numérique.
LinShare , notre solution de partage sécurisé de fichiers (en cours de qualification SecNumCloud), a été déployée dans plusieurs ministères et administrations bien avant que le sujet de la souveraineté numérique ne devienne un débat médiatique.
Nous ne sommes pas dans une posture de revendication. Nous sommes dans une posture de contribution continue. Nos lignes de code parlent pour nous depuis plus de 25 ans sans n’avoir jamais remis en cause notre ADN et notre logique de logiciels libres “Free Free”.
Le vrai enjeu : l’interopérabilité par le code, pas (seulement) dans les discours
Le risque que beaucoup identifient, et qu’Alain Garnier a formulé avec clarté, est celui d’un monopole administratif. Remplacer une dépendance à Microsoft par un écosystème public fermé ne serait pas une victoire pour la souveraineté. Ce serait simplement changer de verrou.
L’État se retrouve à la fois acheteur, opérateur, développeur et arbitre de ce qui est mutualisable. Cette concentration appelle une exigence de transparence et d’ouverture sans faille. Pour que la nouvelle doctrine produise ses effets, trois conditions sont indispensables : des API ouvertes, documentées et accessibles à tous les acteurs de la filière ; une interopérabilité réelle (pas théorique) entre les briques de l’État et les solutions du marché ; et une transparence complète sur la feuille de route pour que les éditeurs puissent s’aligner, anticiper et contribuer.
Sans cela, on recrée une dépendance. Différente dans sa nature, mais identique dans ses effets.
OpenBuro.eu : du discours au code mutualisé
C’est précisément pour répondre à cet enjeu que nous avons lancé et que nous animons l’initiative OpenBuro.eu. Pas dans notre coin avec justement les acteurs de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) : Samuel Paccoud , Pierre Pezziardi et plus récemment à Julien 🤓 Maupetit .
OpenBuro n’est pas un lobby. Ce n’est pas un énième communiqué de presse. C’est un espace de mutualisation concrète par le code.
Le constat est limpide : si l’Europe veut une alternative crédible aux suites bureautiques des hyperscalers, elle ne l’obtiendra pas par des déclarations d’intention.
Elle l’obtiendra par des lignes de code partagées, des standards ouverts réellement implémentés, des briques interopérables co-développées par des éditeurs européens qui acceptent de jouer collectif.
OpenBuro.eu porte cette ambition concrètement. Nous souhaitons fédérer les éditeurs européens du digital workplace souverain. Pas en scission avec le CSF mais bien dans une logique industrielle de construction commune.
L’idée est n’est ni neuve et ni disruptive. Nous l’avions, avec Alexandre, proposé il y a près de cinq ans à une partie de notre écosystème français. NOUS retentons notre chance car nous pensons que cette fois-ci, avec la clarification de l’Etat, les conditions de réussite sont réunies.
Nous proposons de créer un socle commun qui permet à chaque éditeur de se différencier par l’innovation, pas par l’enfermement. Et nous offrons à l’État comme aux institutions européennes un écosystème de solutions compatibles, réversibles et souveraines.
C’est la “troisième voie” que nous défendons depuis 25 ans chez LINAGORA : ni dépendance aux géants américains, ni repli sur un monolithe public.
Un écosystème ouvert, européen, construit brique par brique, ligne de code par ligne de code.
Passer aux actes, ensemble
La circulaire a posé le cadre. Le 27 mars sera un premier rendez-vous. Mais le vrai passage à l’acte, c’est maintenant, et il concerne tout le monde.
Aux éditeurs français et européens : rejoignez OpenBuro.eu. Contribuez. Mutualisez vos efforts sur les couches basses pour innover sur les couches hautes. La compétition entre nous doit se jouer sur la valeur ajoutée, pas sur le verrouillage.
À l’État et à la DINUM : ouvrez les API, documentez les interfaces, publiez la feuille de route. Faites de LaSuite un écosystème vivant avec une gouvernance plus ouverte.
La filière est prête à contribuer : encore faut-il lui en donner les moyens techniques et faire les derniers pas permettant d’avoir une gouvernance ouverte et partagée.
Aux décideurs publics : la commande publique fait émerger des champions. Les États-Unis l’ont fait, Israël l’a fait, la Chine l’a fait. Merci Alain de le rappeler comme le “rabâche” aussi Alexandre Zapolsky et Michel Paulin .
La France et l’Europe peuvent le faire, à condition que chaque euro investi dans le numérique souverain se traduise en code ouvert, en emplois qualifiés et en autonomie réelle.
Chez LINAGORA, nous sommes prêts. Nous l’avons toujours été.
Plus de vingt-cinq ans de contributions open source en témoignent.
Avec Twake.ai et OpenBuro.eu, nous avons les outils et la conviction pour le prouver concrètement, dans le code.
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