Note
Dans le domaine du numérique, notre principal ennemi ?
Dans le domaine du numérique, notre principal ennemi ? ce n’est ni Washington, ni Palo Alto. C’est l’entre soi.
Dans le domaine du numérique, notre principal ennemi ? ce n’est ni Washington, ni Palo Alto. C’est l’entre-soi.
Dans le combat pour notre autonomie numérique, les GAFAM ne sont pas les plus dangereux.
Le vrai frein est ici, en interne et il est plus vicieux. Il a un badge “Conseiller ministériel”, “Haut fonctionnaire”, “Conseiller spécial”, de temps en temps “Directeur ou CIO”, ou malheureusement parfois “Officier général ”… souvent, il a troqué la vision pour la gestion, l’audace pour la prudence, et l’intérêt collectif pour le confort personnel.
Ceux-là ont un pouvoir immense. Celui de dire oui ou non au réel développement de notre autonomie stratégique. Celui d’orienter des choix structurants. Celui d’ouvrir ou de fermer des portes à une nouvelle génération d’acteurs européens. À l’extrême, un droit de vie ou de mort sur nos entreprises technologiques…
D’ailleurs, ils choisissent trop souvent de ne pas sortir de leur zone de confort ou de ne pas froisser leurs futurs employeurs.
Le risque ? Trop incertain. La rupture ? Trop dérangeante. L’innovation locale ? Pas au niveau et pas encore assez “scalée”.
Alors on attend… Je ne sais pas quoi d’ailleurs mais on ne change surtout rien ou pour le moins le plus lentement possible.
Pendant ce temps là, on continue de signer chez les mêmes fournisseurs. On perpétue le reflexe du moindre effort stratégique, bien emballé sous des discours de modernisation.
L’important serait pour certains de rester dans la course (laquelle ?), de créer de la valeur pour l’utilisateur final ou le citoyen (à quel prix ?) et de raccourcir le fameux TTM pour Time To Market (avec quels nouveaux vendors lock-in?).
Et pendant ce temps, d’anciens ministres, d’anciens conseillers, d’anciens généraux – que l’on ne nommera pas ici (la liste est malheureusement et tristement trop longue) – réapparaissent dans les coulisses du lobbying.
Pas pour renforcer nos garde-fous, mais pour affaiblir les règles, amoindrir les exigences de souveraineté (dans l’IA Act par exemple pour le dernier en date) et ouvrir des brèches juridiques ou techniques bien pratiques pour leurs futurs employeurs.
Ce double discours insupportable est devenu un sport national.
On célèbre les communs numériques en public. On vote des budgets dits “souverain” en réunion. Mais on déroule surtout discrètement le tapis rouge à Microsoft, Meta, Google, Amazon, ou demain, Alibaba (?).
Et si la trahison n’est pas un crime, elle devient une stratégie de carrière.
Le plus ironique ?
Nous n’avons jamais eu autant de talents prêts à bâtir un numérique européen, éthique, ouvert, performant, et résilient. Nous avons déjà de nombreux services qui ne demandent qu’à être déployés et utilisés plus largement. Et nous avons (encore) des entrepreneurs eux aussi très résilients qui y croient fermement.
Il nous manque juste une chose : le courage de ceux qui ont le pouvoir.
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